Réinventer le monde en nous appuyant sur les technologies

Rupture ou Transformation technologique : Pour un changement de paradigme

Le concept «Technologies de rupture» a été introduit par Clayton M. Christensen dans un livre publié en 1997, The Innovator’s Dilemma. Le terme paradigme, quant à lui, a acquis une connotation élargie en philosophie des sciences dans La structure des révolutions scientifiques par Thomas S. Kuhn.

Malgré une vitesse et amplitude des innovations technologiques, sans précédent historique, le terme «rupture» a fait place à celui de «transformation». Il ne s’agit pas uniquement de sémantique mais bien d’une position qui oriente nos questionnements.

La transformation s’inscrit dans un mode de pensée de changement progressif, une évolution plutôt qu’une révolution. Nos réflexions portent alors principalement sur les conséquences des technologies sur notre organisation socio-économique actuelle, sur nos entreprises, sur l’emploi ou nos styles de vie existants. Au lieu de mettre l’humain au centre des débats sur les transformations technologiques, il se retrouve à la périphérie. Il n’a alors que peu de poids face aux enjeux financiers, de productivité et de compétitivité. En transformation, nous imaginons la mise en place de formations, de redistribution de la valeur, etc pour les employés dont les postes vont être remplacés ou modifiés par l’apport des technologies.

La rupture place l’humain dans la nécessaire imagination de visions prospectives globales, qui définiraient alors les contributions et finalités des technologies. Elle autorise les débats et propositions sur des systèmes d’organisation socio-économique radicalement différents. Nous questionnons alors notre système de valeurs, notre vision du « mieux-être » au monde. Pour exemples, la proposition de mouvement éthico-démocratique d’Alain Touraine ou le « Better Life Index » de l’OCDE.

A défaut de sens, nous exécutons la transformation en réaction des avancées technologiques. Nous limitons ainsi nos réflexions prospectives à des futurs centrés sur le progrès technologique. Sous le prétexte de complexité, nous questionnons les experts technologiques et ne faisons que peu de cas des réflexions et propositions alternatives de sociologues ou philosophes, sur la base de valeurs fondamentales.

Un paradigme en rupture, une révolution de notre vision du monde, avec une intention sociétale de «mieux-être» au monde, donnerait alors finalités et sens aux innovations technologiques.

Plutôt que d’adapter le monde aux nouvelles technologies, appuyons nous sur elles pour le réinventer.

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