Ethique et Technologies

La révolution technologique est à l’origine de révolutions culturelles, sociales, politiques, économiques, sans aucun guillemet qui viendrait atténuer la force du mot Révolutions. Nous vivons (expérimentons) au quotidien les ruptures multiples dans tous les domaines de notre environnement de vie, dans tous nos écosystèmes. Ces ruptures ont pour origine les nouvelles technologies et notamment toutes les déclinaisons et innovations de l’IT, du numérique et de l’internet. Intéressons nous alors à la définition de Révolution.

Qu’est ce qu’une révolution ?

Selon l’intelligence de connaissances partagées de Wikipédia, un outil open source, collaboratif, mondial: « une révolution est un renversement brusque d’un régime politique par la force. Elle est aussi définie par le Larousse comme un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ».

L’individu humain est en co-évolution avec les technologies.

Pour exemple – Jowan OsterlundBio Hacker / «hacker du corps» a fondé l’entreprise biotech d’implants biométriques Biohax International en Suède en 2013. Avec plus de 15 ans d’expérience dans la procédure stérile pour le piercing et la modification corporelle, il est actuellement l’un des principaux installateurs de biopuces sécurisées dans le monde. Son objectif est de développer le domaine du Bio-Hacking pour combler le fossé entre IoT et IoU ™ (Internet of US ™). Les implants biométriques permettent un mode de vie durable, efficace, sans friction et socialement responsable dans le monde hyper connecté d’aujourd’hui.

L’humain reprend le pouvoir par la force de la Technologie, par ce qu’elle nous ouvre de nouvelles opportunités et capacités d’action.

Pour exemple  – Blockchain, Smart Contracts et Cryptocurrency

« Le business modèle du web est mort ! » annonce et démontre le CTO de Ripple, Stefan Thomas lors de la conférence WeAreDevelopers – People Code future. Cet expert démontre les avancées du protocole open source Interledger, qui nous ouvre la capacité d’organiser l’ensemble des échanges digitaux mondiaux avec un système de micro-paiement en temps réel, sur le principe de smarts contracts, désintermédiés, sécurisés, transparents.

Qu’allons-nous faire de ce pouvoir?

L’humain expérimente de multiples façons ce nouveau pouvoir d’agir et d’initiatives, selon son contexte, et notamment son contexte culturel. Nombre de dystopies et micro-discours envahissent nos médias. Elon Munsk propose une finalité colonisatrice de l’humanité. Ray Kurzweil porte un mouvement de transhumanisme. En Europe, nous débattons, voire nous engluons, de valeurs et d’éthique sans pour autant en revenir à leurs définitions.

Paul Ricoeur distingue 3 dimensions de l’éthique:

1) L’héritage aristotélicien de l’éthique par sa « finalité » ou  « téléologie » (la quête de sens?). Paul Ricoeur a défini la visée éthique, la finalité (le sens) par les trois termes suivants : « visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Les trois composantes de la définition sont également importantes. »

La vie bonne requiert l’estime de soi qui se construit dans la capacité d’agir intentionnellement et la capacité d’influer sur le cours des choses, la capacité d’initiative. L’estime de soi accompagne la hiérarchisation de nos actions.

La finalité de vie bonne est l’éthique téléologique, la dimension prospective, elle a primauté sur la déontologie ou morale qui permet de hiérarchiser les actions et initiatives intentionnelles de chacun de nous, dans la construction de notre estime de soi, avec et pour les autres, dans des institutions justes.

Voila définie la finalité éthique de l’innovation et l’entrepreneuriat, quel que soit l’écosystème dans lequel évolue l’individu agissant intentionnellement et en capacité d’initiative. L’éthique a primauté sur la morale, néanmoins

2) il y a nécessité pour la visée éthique de passer par le crible de la norme, selon l’héritage kantien d’une morale déontologique d’obligation de la norme (dans le sens de devoir).

L’humain est responsable, il habite technologiquement le monde.

Il se doit de le faire en vue d’une finalité éthique.

Il a le pouvoir de combiner devoir moral et raison d’être par ses actions.

Lorsque éthique et norme sont en conflit, l’humain n’a pour seule issue que la sagesse pratique.

3)  la dimension de la sagesse pratique est celle d’une philosophie de l’action légitime qui prend en compte la question du contexte, de la situation spécifique. Elle entre en jeu lorsque la norme est en conflit avec la finalité éthique. La dimension d’institutions justes prend tout son sens dans cette dimension.

Par la force technologique, nous avons individuellement le pouvoir d’agir et la capacité d’initiative pour opérer nos nécessaires révolutions en exerçant notre sagesse pratique.

Michel Puech propose de nouvelles consistances et nouvelles résolutions afin que l’homo technologicus trouve le chemin de la sagesse, et soit un « Homo Sapiens Technologicus« .

Cet article est inspiré de multiples lectures et rencontres qui n’ont trouvé une cohérence (consistance) qu’à la lecture « d’Homo Sapiens Technologicus » de Michel Puech, que je remercie de cet éveil (« enlightenment ») et mise en capacité d’agir (« empowerment »).

 

 

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